dance

Jeudi

Kataline Patkaï



RENCONTRES CHOREGRAPHIQUES INTERNATIONALES DE SEINE SAINT DENIS

Création 2014

SAMEDI 17 MAI 19h00 et DIMANCHE 18 MAI 16h30

au théâtre de la Parole Errante à Montreuil 93

« En vérité l’île administrée lui pesait à la fin presque autant qu’à Vendredi. Vendredi, après l’avoir libéré malgré lui de ses racines terriennes, allait l’entraîner vers autre chose. À ce règne tellurique qui lui était odieux, il allait substituer un ordre qui lui était propre, et que Robinson brûlait de découvrir. Un nouveau Robinson se débattait dans sa vieille peau et acceptait à l’avance de laisser crouler l’île administrée pour s’enfoncer à la suite d’un initiateur irresponsable dans une voie inconnue.»
Michel Tournier, Vendredi ou les limbes du Pacifiques, éditions Gallimard 1972

La pièce Jeudi est l’écho-graphie du mythe du bon sauvage, d’une version de l’origine du monde, d’un conte fantastique ou même d’un futur hypothétique.

Deux femmes évoluent dans un espace délimité.
Avec elles, plantée ou surgie de nul part, une structure métallique.
Entre elles, les rapports sont indéfinis mais elles semblent indissociables et complémentaires. On imagine une nouvelle tentative de création originelle, vers une reconquête de l’innocence et de nouvelles relations humaines. S’éloignant ainsi de notre société contemporaine codifiée, domestiquée, administrée.

CHORÉGRAPHIE

Le corps d’une femme jeune, presque une jeune fille, celui d’une femme, plus mûre, la rencontre des deux. Sans crainte, les deux corps prennent connaissance l’un de l’autre. Les corps se frôlent, se touchent, se mesurent, se palpent franchement jusqu’à fusionner.
Cette prise de contact élémentaire, simple, dépourvu de psychologie engage également le spectateur à découvrir ou redécouvrir un corps dans sa fonction primitive : une enveloppe de peau, de chair, de muscle et un squelette qui entrainent le corps à se mouvoir.
Le plaisir du mouvement qui vient de ce corps à corps, comme un jeu expressif et libre, amène à une danse généreuse et épanouissante. L’autre (autrui) est ressenti comme un terrain d’exploration, comme une surface réfléchissante, source d’intérêt.

La liberté des corps se donne à voir par leur nudité, par l’absence de pudeur et par l’absence de gravité (apesanteur). Rien n’est grave, tout est léger, même quand les corps chutent de leur hauteur, c’est le vol qui domine et la gloire du corps qui se relève.

De la nudité de ces corps, postulat de départ, apparaissent deux êtres neufs, dévêtus des lourds habits de la société : tradition, culture, religion.
La nudité expose les corps, elle rend visible les mécanismes, rend visible l’engagement du mouvement, son amplification et sa résonance. Tout comme, elle rend visible la fragilité du corps dans l’exécution du mouvement dansé.
Cette danse affranchie de contraintes, sans référence, sans idée de rythme, spontanée pour ainsi dire, c’est l’élan vital, l’instinct de joie.


Chorégraphie Katalin Patkaï
En collaboration avec Ugo Dehaes
Interprètes Justine Bernachon, Katalin Patkaï
Compositeur Roeland Luyten
Lumières Benjamin Boiffier


Production Compagnie En avoir ou pas
Coproduction Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis, Le Générateur - Gentilly, KBOX & CO, Kwaad Bloed et VGC
Résidence de création Le Générateur - Gentilly/Actes If, studio Courpière
Prêt de studio Centre National de la Danse - Pantin, PianoFabrik - Bruxelles, Mairie de Pantin / Est Ensemble