theatre

La Forêt, Vert Presque Vert

Stéphane Arcas




LA FORÊT, Vert Presque Vert est le premier volet d'une trilogie LA FORÊT, LE DESERT ET L’ARGENT.
Depuis deux ans je me suis lancé dans l’écriture et la création de ce triptyque. Il s’agit dans chaque volet de décrire des relations amoureuses en utilisant un de ces trois éléments comme métaphore du contexte qui entoure les sentiments amoureux.

Dans le cas de LA FORÊT, c’est la traversée et la survie d’un couple au sein d’un milieu obscur qui est l’axe de la dramaturgie. LE DESERT présente une quête personnelle d’un absolu dans un décor sans limites et L’ARGENT, en cours d’écriture, traitera de l’aspect plus social des sentiments, les transactions, la spéculation, les échanges, le commerce amoureux etc...


Une forêt.
Au premier plan, trois personnages perdus et, en toile de fond, la question de l’identité. Chacun d’eux va, littéralement, se confronter à ses obsessions, à ses fantasmes et à ses angoisses profondes. Ils tentent d’y créer un ordre afin d'organiser leur propre chaos intérieur. À travers cette introspection, sous forme de quête, c'est mon rapport au réel que je questionne. Car, si mes personnages se confrontent à leurs rêves, ceux-ci se révèlent être le reflet des maux qui stigmatisent notre société. À travers cette traversée existentielle, La Forêt traite de la difficulté qu'a l'homme d'aujourd'hui à trouver un accord entre lui-même et ce monde qu’on pose comme réel.
C’est une comédie cauchemardesque. Le spectateur se retrouve face à un objet absurde tantôt comique tantôt angoissant. Il lui est à la fois totalement familier et complètement étranger. La langue renforce le réalisme de la pièce mais tellement d’éléments renvoient aux mensonges et aux rêves, qu’on ne peut que s’y laisser perdre. Une forêt. Les personnages passent ainsi de détails insignifiants à des réflexions métaphysiques et poétiques, peu leur importe, l’essentiel est qu’ils parlent.
“UN GENRE DE NO FUTURE FENG CHUI QUOI.”

Stéphane Arcas

Written and directed by : Stéphane ARCAS
Scénography and lights by : Raphaël RUBBENS

Production : kwaad bloed vzw
Coproduction : le Théâtre de la Balsamine
With the help of : Ministère de la Communauté française Wallonie-Bruxelles – Service du Théâtre
With the support of : Bains::Connective, Nunatak, Théâtre Marni, l’Epongerie, l’Escaut,  La Générale (Paris), Centre de créations contemporaines Montevideo (Marseille), Salon de Théâtre (Tourcoing), Stuk (Leuven)

info: http://www.stephanearcas.com


 

La Forêt (vert presque vert)
une comédie cauchemardesque de Stéphane Arcas

avec Cécile Chèvre, Guylène Olivares, Ugo Dehaes
(ré)création sonore Roeland Luyten

 

Une forêt. Au premier plan, trois personnages et, en toile de fond, la question de l'identité. Le spectateur se retrouve face à  un objet absurde à la fois totalement familier et complètement étranger. La Forêt est une comédie cauchemardesque, et on ne peut que s'y laisser perdre.

Je me trouvais, là , en suspension, là , au niveau du plafond du quatrième étage, avec rien sous moi, là , avec rien à quoi se raccrocher. Le tumulte de la soirée, la chaleur écrasante du mois de juillet, le bar où je devais me rendre, tout ça, complètement détaché de moi. Et, moi, là , en suspension. Quinze mètres au-dessus du sol. Un centième de seconde, approximativement, mais, en suspension. Complètement détaché. Du sol, du plafond, des murs. Seul. Et, quand on est là... L'unique échelle du temps qui soit réelle, est la nôtre, celle que l'on éprouve. Et après, une longue, très longue descente, très douce, très lente, à mon rythme, pendant la seconde et demi la plus longue de ma vie. Un moment très calme.
Puis, je me suis retrouvé là , au sol, comme ça. Après j'ai parlé à des pompiers, des docteurs et... Je ne sais plus très bien. Ce n'était pas très intéressant. J'ai fermé les yeux et j'ai dormi... (...)
Ce qui a profondément changé c'est que maintenant je sais que j'accepte de faire partie de la masse. Parce que cette masse est juste faite d'éléments comme moi, tous seuls, en suspension. Tous, en lévitation, en contact avec rien, perdus dans une forêt sans limites. Tous, dans un flottement chaotique. Avec, de temps à  autre, quelques rebonds sur le sol pour avoir l'illusion d'adhérer.